Il tient dans la poche d'une chemise. Il s'allume en une seconde. Et pourtant, le petit Olympus mju-II (qu'on appelle aussi Stylus Epic aux États-Unis) a produit certaines des images les plus célèbres de la photographie contemporaine.
Terry Richardson l'a utilisé pour ses portraits provocateurs. Martin Parr pour ses scènes de plage saturées. Des milliers d'anonymes pour leurs photos de vacances, de fêtes, de moments volés. Et tous ont découvert la même chose : ce petit compact à 200 euros produit des images qui n'ont rien à envier à des appareils dix fois plus chers.
Comment est-ce possible ? C'est l'histoire d'un objectif extraordinaire dans un boîtier ordinaire.
L'objectif : le cœur du mythe
Le secret du mju-II tient en quatre mots : 35mm f/2.8 multi-coated.
Trente-cinq millimètres, c'est la focale parfaite pour le quotidien. Assez large pour capturer une scène, assez serré pour un portrait. C'est la focale des grands photojournalistes.
f/2.8, c'est une ouverture généreuse pour un compact. Elle permet de photographier dans des conditions de lumière difficiles, de créer un léger flou d'arrière-plan, de donner de la vie aux images.
Et le traitement optique (le fameux "multi-coating") élimine les reflets parasites, garantit des couleurs fidèles, une netteté remarquable jusqu'aux bords du cadre.
Cet objectif, dans un boîtier plus gros, avec une marque plus prestigieuse, coûterait une fortune. Olympus l'a mis dans un compact de poche. C'est aussi simple que ça.
Caractéristiques techniques
Caractéristique | Détail |
Type | Compact 35mm autofocus |
Fabricant | Olympus |
Année de sortie | 1997 |
Production | 1997-2003 |
Format de film | 35mm (24×36mm) |
Objectif | Olympus Zuiko 35mm f/2.8 (fixe, 4 éléments) |
Type d'obturateur | Programmé électronique |
Vitesses d'obturation | 1/40s à 1/1000s (automatique) |
Modes d'exposition | Programme automatique uniquement |
Mise au point | Autofocus multi-faisceaux actif (0,35m à ∞) |
Flash | Intégré automatique |
Sensibilité ISO | 50 à 3200 ASA (codage DX) |
Alimentation | 1× CR123A (3V lithium) |
Poids | 145g (avec pile) |
Dimensions | 108 × 61 × 35mm (L×H×P) |
Prix actuel d'occasion | 150-300€ |
L'expérience mju-II
Utiliser un mju-II, c'est retrouver l'essence de la photographie. Pas de réglages, pas de menus, pas de distractions. Vous voyez, vous cadrez, vous appuyez. L'appareil fait le reste.
La mise au point est rapide et précise, grâce à un système autofocus infrarouge qui fonctionne même dans l'obscurité totale. L'exposition est gérée par un petit cerveau électronique qui se trompe rarement. Le flash s'active automatiquement quand il fait sombre — mais vous pouvez le désactiver si vous préférez le grain naturel de la basse lumière.
Et le résultat ? Des images d'une netteté surprenante, avec des couleurs fidèles et un rendu qui a ce je-ne-sais-quoi d'"argentique", ce grain, cette douceur, cette présence.
Pourquoi le mju-II et pas un autre ?
Olympus a produit toute une série de mju (ou Stylus). Pourquoi le mju-II en particulier ?
- L'ouverture f/2.8 : Le mju original ouvre à f/3.5, les versions zoom encore moins. Le II est le plus lumineux.
- La construction : Le boîtier coulissant en métal est satisfaisant à manipuler et protège l'objectif efficacement.
- L'étanchéité : Le mju-II est résistant aux éclaboussures. Pas submersible, mais il survit à la pluie.
- La réputation : C'est celui que les photographes professionnels ont adopté. Il y a une raison.
Les limites à connaître
- L'autofocus a ses limites : Il peut se tromper dans certaines situations (sujets très décentrés, très peu de contraste). C'est un compact des années 90, pas un appareil moderne.
- Pas de contrôle manuel : Vous ne choisissez ni l'ouverture, ni la vitesse. L'appareil décide. C'est libérateur pour certains, frustrant pour d'autres.
- La fragilité : C'est un compact en plastique (et un peu de métal). Il ne survivra pas à une chute sur du béton.
- Le flash agressif : En mode automatique, le flash se déclenche souvent alors que vous n'en voulez pas. Apprenez à le désactiver.
Le prix : l'éléphant dans la pièce
Parlons-en franchement. Le mju-II est victime de son succès. Sa cote a explosé ces dernières années.
Prix indicatifs en 2025 :
- État moyen (traces d'usage, fonctionnel) : 100-150€
- Bon état, boîte d'origine : 150-250€
- État neuf, complet : 250-350€
C'est beaucoup pour un compact. Mais c'est encore moins qu'un Contax T2 (qui dépasse souvent les 1000€) ou qu'un Yashica T4.
Les alternatives
Si le prix du mju-II vous refroidit, voici quelques alternatives :
À qui s'adresse le mju-II ?
Le mju-II est parfait pour :
- Ceux qui veulent toujours avoir un appareil sur eux
- Les photographes qui cherchent la spontanéité absolue
- Les fêtards, les voyageurs, les parents de jeunes enfants
- Ceux qui veulent des résultats pro sans se prendre la tête
Il est moins adapté si :
- Vous voulez du contrôle sur vos paramètres
- Vous êtes du genre à tout optimiser
- Vous cherchez un appareil économique (il ne l'est plus)
Le mot de la fin
Le meilleur appareil photo, dit-on, c'est celui qu'on a sur soi. Le mju-II incarne cette philosophie. Il est si petit, si léger, si simple qu'il disparaît dans votre vie. Vous l'oubliez dans votre poche — jusqu'au moment où vous voyez quelque chose, et là, il est là, prêt.
C'est un appareil qui vous pousse à photographier plus, à réfléchir moins, à capturer des moments que vous auriez laissés passer avec un appareil plus encombrant.
Et quand les photos reviennent du labo, cette netteté, ces couleurs, ce grain subtil... vous comprenez pourquoi cet humble compact est devenu un objet de culte.
Le mju-II n'est pas le meilleur appareil du monde. Mais c'est peut-être le plus honnête. Il fait exactement ce qu'il promet : des photos, simples et belles, sans effort.
Que demander de plus ?